Salut à tous et à toutes
L'autre matin, en Pologne, alors que je décapais une porte au rythme du flamenco, Nicole (chez qui je logeais) m'a raconté la situation d'apocalypse qui regnait en Louisiane après l'ouragan... des airs de fin du monde.
Ben oui, nulle part on n'est a l'abri lorsque la Terre se fâche.
On a beau se créer un petit monde connu et rassurant; villes, maisons, voitures inspirées des technologies dernier cri... du jour au lendemain tout cela peut disparaître, nous laissant seuls, petits vers tout nus face a ce monde sauvage. En passant, ça nous rappelle l'insignifiance et la superficialité des choses dont on s'entoure.
La Terre devient folle-furieuse. Et chacun d'entre nous y est pour quelque chose.
Oui, chacun de nous, dans ses gestes quotidiens, participe plus ou moins a la dégradation de notre lieu de vie a tous. Pour voyager, j'ai pris un avion qui a brûlé des milliers de litres de kérozene; chaque jour, un nombre incalculable d'entre nous se déplace en voiture : un peu plus de CO2 dans l'air; chaque jour on achète sa bouffe, toujours plus ou moins emballée de plastique, et on la met encore dans des sacs plastiques pour la transporter. Ces sacs, ces déchets, je les ai vus par centaines de milliers éparpilles dans tous les paysages de Chine.
On s'entoure de plein de choses; et on en veut plus : des nouvelles, des mieux.
Nous sommes sur la Terre. Déjà plus de six milliards.
Essayons seulement de penser a la quantité, au volume de déchets que moi, que toi on produit en une vie......... je n'arrive même pas à me le représenter. Et combien de choses possède-t-on? Je pense a la maison de mes parents... elle est tout simplement PLEINE de choses, et la plupart d'entre elles ne servent jamais, ni materiellement, ni esthetiquement, ni sentimentalement.
Seulement voila : chacun de nous va disparaitre, ce peut etre demain, ce peut etre dans 70 ans. Tout les produits issus de la terre, peu transformés, disparaissent très rapidement. Mais toutes ces choses, ce plastique, ce caoutchouc, ces produits chimiques... tout cela reste. Bel heritage pour exprimer notre reconnaissance a la Terre.
A quoi? a la Terre, oui, il parait que c'est la qu'on vit! Trop de gens l'ont déjà oublié, vivant dans un monde artificiel, coupé du sol par du bitume, du béton, une foi sans limite en la science qui, apparemment, trouvera toujours une solution.
Mais moi je suis triste de ce monde, et en décapant ma porte, j'ai pleuré. Et j'ai pensé que si la solution était de décaper le monde centimetre carré par centimetre carré, j'etais prête à le faire, avec ma vieille spatule rouillée face a cette peinture qui attache.
Sans doute 99 pour cent des activités des hommes actuellement ont pour conséquence la destruction ou la pollution de cette Terre ou l'on vit. Et tout le monde s'en fout, tout le monde l'ignore, du moment que dans sa petite bulle artificielle on ne se sent pas atteint, et on trouve bonheur et récomfort materiellement.
Seulement on se voile la face. Pour moi rien n'est plus important que de réussir a "sauver la Terre" (ben oui, je crois qu'il ne s'agit de rien de moins grave que ça), mais pour ça il faudrait que chacun et chacune d'entre nous change d'habitudes de vie, ou arrête de rêver a une vie a l'occidentale... le rêve américain dévoile maintenant ce a quoi il aboutit : plus de dechets, d'avidité... Chacun de nous est responsable et participe au devenir du monde (eh oui, rien que ça!).
Je n'ai que faire de mes possessions matérielles. Un jour je disparaîtrai, et alors je n'aurai ni besoin d'argent, ni de fringues, de voiture, d'ordi, de piles, de DVD et autres tourniquettes a faire la vinaigrette. Je laisserai alors la place à d'autres, qu'ils soient ou non mes enfants.
J'adore la vie et j'aime la Terre. Je ne veux pas laisser derriere nous le monde que je ne souhaite pas pour moi.
Par moments je me dis qu'il est deja trop tard.
Mais merde!
J'ai des idéaux et je veux vivre en accord avec moi-même. Alors je vais essayer de faire ce que je peux pour laisser le mois de traces possible sur la Terre. Ca veut dire utiliser différemment les transports, ça veut dire prendre un sac pour aller faire ses courses, et rendre gentilment les sacs plastiques a la caissiere, ca veut dire acheter des produits transformés le moins possible, et non emballés dans du plastique, ca veut dire arrêter de gaspiller l'eau, ne pas tirer la chasse toutes les cinq minutes, utiliser un minimum d'electricité (et puis ça fait du bien au porte-monnaie). Ca veut dire : prendre conscience des conséquences de chacun de nos gestes, de nos actes quotidiens. Se demander "d'où vient ce que j'ai entre les mains... et où ça va ensuite?"
Nous vivons dans un monde déconnecté de la réalité; de la réalité intemporelle. Tout va très bien tant qu'on ne pense qu'à sa petite vie, mais voilà : d'autres étaient là avant, et d'autres viendront après nous.
Je voudrais que pour eux la vie soit aussi belle que ce que je peux ressentir parfois, parce que le monde qui nous entoure, la Terre sur laquelle on marche, sont beaux.
Ce serait profitable pour tous de prendre le temps de réflechir au moins une heure, au moins quelques jours si ce n'est toute une vie à ce que l'on fait sur Terre, a ce qu'on y produit. Responsabilisons-nous : pensez aux tonnes de déchets que chacun de nous produit en une vie... sauriez-vous vous en occuper vous-même??
Moi je pencherais facilement vers l'extrêmisme, je rêve de produire ce que je mange et de vivre dans un environnement biodégradable; je veux bien abandonner l'électricite, la voiture, les tomates en hiver et bien d'autres choses, pourvu que j'arrête de participer à la folie des hommes qui ne voient plus d'où ils viennent et où ils retourneront.
Si nous sommes un tantinet sensibles et en contact avec la "vraie réalite", on peut se rendre compte de l'importance de tout ce que l'on fait dans nos petites vies... et agir pour changer ça au plus vite.
Je ne peux ni ne veux changer le monde, mais je veux et peux changer ma vie.
En voilà une bonne tartine de mots!...
sans doute un peu naïfs, et mon regard est encore bien trop limité.
Mais voilà, je suis naïve. Et déterminée également.
J'espère que vous appréciez de lire enfin sur cette page un texte avec les accents, même s'il en manque certainement pas mal
Pour des nouvelles plus égocentrées, ben... je suis de retour dans notre petit pays.
J'ai les boules de comprendre tout ce que les gens disent, y'a des fois on s'en passerait bien. Mais je suis heureuse de revoir des gens que j'aime, à commencer par mes grands parents, eux je ne les ferai pas changer a 88 et 98 ans... et pourtant. De les revoir me donne encore plus envie de vivre.
Mon périple ne s'achève pas, je commence à vivre. Alors je le continue, avec vous! En commençant par la Bretagne, pour continuer dans la vie, en amitiés, en musique, en théâtre, en légumes et en fruits.
Merci d'avoir suivi nos pérégrinations, merci pour les p'tits mots, merci d'exister, vous que j'aime... et à très bientôt.
Marjolaine





